Le samedi 28 mars 2009, la librairie La Plume Noire m’invite à présenter mon livre. Une dizaine de personnes est présente. Parmi eux, Samuel. On discute à l’issue de la rencontre. De l’échange autour de nos expériences individuelles émerge le constat que le mode conférence comporte de nombreuses limites. Notre souhait étant de mettre chaque individu au centre du débat, nous réfléchissons à une autre « forme d’action » possible. Ainsi émerge l’idée du collectif « Panser le travail ».
La nécessité de « Panser le travail » nous est dictée pour le monde du travail lui-même. On continue de souffrir dans sa chair (cancers professionnels, explosion des Troubles Musculo-Squelettiques…) mais aussi, et semble-il de plus en plus, dans sa tête. L’émergence de risques dits « psychosociaux » est relativement récente et l’irruption dans la sphère médiatique de cas de suicides au travail n’a fait que rendre visible les conséquences extrêmes d’une dégradation profonde des relations de travail. Non pas que nos anciens n’aient pas souffert du travail (le harcèlement moral n’a rien d’une nouveauté ; si l’on appliquait les critères retenus aujourd’hui pour le caractériser, on découvrirait même qu’il était massif dans les usines du passé) mais nos aïeux résistaient manifestement mieux que nous. Les causes sont multiples, complexes, mais il semble que la faiblesse des collectifs de travail, qui abandonne les individus dans une solitude insupportable, joue un rôle majeur. Alors, qui de l’œuf ou de la poule ? Cette individualisation n’est-elle pas simplement un mouvement de fond d’une société capitaliste, ou bien, comme l’avance C.Dejours, n’est-ce pas le travail et ses nouveaux modes de gestion (évaluation individualisée des performances, concurrence effrénée entre les individus, système de qualité totale…) qui inonde la société. Il y aurait en ce cas une centralité politique du travail. La sphère de l’emploi, principale fabrique de citoyens ? L’état des lieux évoqué précédemment laisse songeur quant à l’avenir de nos sociétés…
En questionnant les expériences quotidiennes, le travail peut être cette transversalité qui permet d’interroger les différentes facettes de la vie: besoins vitaux, consommation, perte des idéaux, rapport au temps, à la nature, aux autres. Se posent les questions de démocratie dans le travail, d’environnement, de modèle de développement… Le travail, cheval de Troie d’une réflexion plus globale ? Nous en sommes convaincus. En conclusion, puisqu’il y a centralité du travail, qu’il y ait centralité du débat sur le travail.
Si vous souhaitez suivre l’évolution, voir participer, rendez-vous ici, sur le blog du collectif . L’aventure continue !



